Libérations conditionnelles - Un criminel sur dix fait faux bond

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Édition du samedi 09 et du dimanche 10 novembre 2002

Mots clés : respect

Toronto - Plus de 800 personnes en libération conditionnelle au Canada (soit 10 % du total), tenues de se présenter régulièrement à un agent, ne respectent pas cette obligation et, dans la plupart des cas, sans être inquiétées d'aucune façon, rapportait The Globe and Mail dans son édition d'hier.

Des policiers ont indiqué aux journalistes du quotidien torontois et de l'émission W-5 (à CTV) qu'une fois qu'une personne en libération conditionnelle disparaît ainsi dans la nature, la possibilité qu'elle retourne dans le milieu criminel est beaucoup plus grande que si elle avait continué à se présenter, comme elle s'est engagée à le faire.

Les détenus qui profitent d'une libération conditionnelle sont tenus de se présenter régulièrement à une personne désignée pour s'occuper de son cas. Cette obligation est souvent assortie d'une interdiction de consommer de la drogue ou de l'alcool et de fréquenter des personnes ayant un dossier criminel.

L'enquêteur Wayne Ward, de l'escouade de surveillance des récidivistes en libération conditionnelle à la Police provinciale de l'Ontario (appelée ROBE), estime que, quand ceux-ci cessent de donner signe de vie, ils aboutissent dans le milieu criminel pour mieux se cacher de la police.

ROBE a été mise en place il y a cinq ans pour faire la chasse aux récidivistes les plus criminels qui cessent de se présenter à l'agent qui leur a été désigné. Cette équipe a réussi jusqu'ici à mettre la main sur 600 d'entre eux.

Le Service correctionnel du Canada rapporte qu'à l'échelle nationale, à tout moment de l'année, il y a environ 850 personnes en libération conditionnelle qui font défaut à leur engagement. Leurs noms sont alors enregistrés dans la banque de données du Centre d'information de la police canadienne. À l'exception de la Police provinciale de l'Ontario, la plupart des corps de police au Canada ne font pas une priorité de retracer ces personnes, sauf si elles commettent un crime, reconnaissent policiers et critiques du milieu policier.

Les membres de l'escouade ontarienne ont suggéré la création d'une unité semblable à la leur ailleurs au pays mais, au bureau du Solliciteur général, on considère que l'ensemble des policiers peuvent très bien faire ce travail.

L'an dernier, des détenus remis en liberté conditionnellement, avant l'expiration de leur peine, ont commis un total de six meurtres, dix tentatives de meurtre, 60 voies de fait graves, 33 viols et 102 vols à main armée.

Les dirigeants du Service correctionnel canadien répliquent que leurs statistiques démontrent que neuf personnes en liberté conditionnelle sur dix ne commettent aucun nouveau crime.

Cependant, un rapport interne de ce même service et sur lequel The Globe and Mail et CTV ont mis la main suggère que sur 66 agents de libération conditionnelle au Canada examinés, seulement six ont respecté les normes minimales de supervision relativement aux personnes libérées des pénitenciers fédéraux en les voyant dans leur bureau mais en ne faisant aucun suivi.

Plus encore, plusieurs gestionnaires sont chargés de 40 dossiers ou plus au lieu des 18 qui sont recommandés.

Ils sont censés faire des vérifications auprès des employeurs, des voisins et des membres de la famille pour s'assurer que la personne qu'ils doivent surveiller est bel et bien demeurée dans le droit chemin. Or les documents gouvernementaux démontrent que peu le font, plusieurs craignant d'aller dans le voisinage pour faire leurs vérifications.


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