Irak: Paris et Washington finissent par s'entendre

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Reuters
Édition du vendredi 08 novembre 2002

Mots clés : irak, entente

Nations unies - Les États-Unis et la France ont abouti à un accord sur la formulation d'une nouvelle résolution concernant le désarmement de l'Irak, ce qui rend probable l'adoption du texte dès aujourd'hui, a-t-on appris hier de sources diplomatiques aux Nations unies.

«Je suis optimiste quant à l'adoption de la résolution demain [aujourd'hui], a déclaré George Bush lors d'une conférence de presse. Si nous devons employer des troupes, si cela devient une nécessité de désarmer [Saddam Hussein], les États-Unis, avec leurs alliés, agiront promptement, avec force, pour faire le travail.» «Nous ferons ce qu'il faut militairement pour réussir», a-t-il ajouté.

À Paris, l'Élysée a fait savoir que Jacques Chirac avait téléphoné hier soir à George Bush pour «finaliser un accord» sur les points qui restaient en suspens.

«Une dynamique positive est lancée et nous espérons qu'un consensus pourra être atteint au Conseil de sécurité lors du vote de demain [aujourd'hui]», a déclaré Catherine Colonna, porte-parole de l'Élysée.

Dans la journée à Rome, le président français avait jugé que le Conseil de sécurité était proche d'un accord sur l'Irak et que Bagdad devait saisir cette «dernière chance». La France a longtemps mené l'opposition au projet de résolution américain en redoutant que des formulations ambiguës n'autorisent un recours automatique à la force sans accord du Conseil de sécurité.

Le paragraphe 4 du projet de résolution s'est avéré un des grands points d'achoppement, déclarant l'Irak coupable de «violation patente» en cas de «fausses déclarations ou omissions» sur son programme d'armes de destruction massive ou de refus de coopérer avec les inspecteurs de l'ONU.

Le terme de «violation patente» a été invoqué par Washington comme justification à des frappes militaires.

Les États-Unis avaient aussi ajouté mercredi une formulation permettant à quiconque, et pas seulement aux inspecteurs de l'ONU, de rapporter au Conseil de sécurité une violation grave des accords. Mais cette formulation a été abandonnée hier, selon des diplomates.

Trente jours

Le texte américain amendé donne notamment aux inspecteurs en désarmement de l'ONU un rôle central dans l'établissement des armes de destruction massive que Bagdad pourrait détenir.

La France, la Russie et la Chine ont insisté pour que la responsabilité d'établir si l'Irak a failli à ses obligations revienne aux inspecteurs de l'ONU.

Concession à la France, le texte prévoit une réunion immédiate du Conseil de sécurité pour évaluer les manquements graves de l'Irak signalés par les inspecteurs.

Le Conseil de sécurité pourrait alors autoriser le recours à la force, mais s'il refuse, les États-Unis seraient libres d'attaquer l'Irak, une interprétation que la plupart des pays ont plus ou moins acceptée, même s'ils réclamaient précédemment une seconde résolution autorisant le recours à la force.

Une fois la résolution adoptée, l'Irak a sept jours pour en accepter les termes et 30 jours pour présenter une liste exhaustive de tous ses programmes de mise au point d'armes de destruction massive, nucléaires, biologiques, chimiques et missiles.

Le chef des inspecteurs de l'ONU, Hans Blix, a déclaré qu'une première équipe se rendrait à Bagdad dans les dix jours suivant l'adoption d'une résolution. Blix, ainsi que Mohammed El Baradei, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) en charge du volet nucléaire du désarmement, ont 45 jours pour entamer leurs travaux puis 60 jours pour présenter un rapport au Conseil de sécurité.

La nouvelle mouture américaine donne au président irakien Saddam Hussein une «dernière occasion» de se plier aux inspections de l'ONU, faute de quoi il s'expose à de «graves conséquences».

L'ambassadeur de Grande-Bretagne Jeremy Greenstock a estimé que la résolution se concentre sur «le désarmement de l'Irak par des inspections et des moyens pacifiques».

«Il s'agit d'une résolution fixant deux étapes, a-t-il dit. S'il y a des rapports selon lesquels l'Irak n'obtempère pas, alors la question sera soumise au Conseil. Nous traiterons cela dans une seconde étape.»

Dans leur première version, les États-Unis réclamaient une autorisation explicite de recours à la force s'ils le jugeaient nécessaire et le droit de se joindre aux inspections en Irak.


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