Affaire Enron - Une filiale de la BN poursuit Citigroup

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

PC
Édition du mardi 05 novembre 2002

Mots clés : citigroup

Toronto -- Une division de gestion de portefeuille de la Banque Nationale vient de s'inscrire à un recours collectif contre Citigroup, à cause de transactions de cette dernière avec Enron.

Natcan Investment Management, qui gère pour quelque 18 milliards d'argent de caisses de retraite et d'autres fonds, accuse Citigroup de tromperie au sujet d'une transaction de 1999 avec Enron. Selon les plaignants, la grande banque new-yorkaise aurait alors aidé le courtier en énergie, de Houston, à éviter d'inscrire dans ses livres une dette de 125 millions $US.

Citigroup aurait caché aussi l'ampleur de son éventuelle responsabilité eu égard à la manière de structurer ses ententes avec Enron, engouffré l'an dernier dans un vaste gâchis de fraude et malversations.

Or des dirigeants de Citigroup et de J. P. Morgan, une autre banque, ont dû témoigner sur leurs activités avec Enron devant un comité du Sénat, à Washington le 23 juillet. L'action de Citigroup reculait peu après et sa capitalisation boursière glissait de 25 milliards $US.

Dans l'affaire Enron, «beaucoup de monde a perdu de l'argent et, en ce qui concerne Citigroup, nous avons simplement estimé avoir une cause et que nous devions faire quelque chose», confiait à un quotidien torontois Sam Reda, président de Natcan Investment Management. «Nous jouons un rôle de fiduciaires, nous administrons l'argent de caisses de retraite, l'argent de beaucoup de monde qui a des REER et des fonds communs de placement. Notre travail d'administrateur exige que nous recherchions le meilleur intérêt de nos déposants.»

Une procédure

inhabituelle

Il est quand même inhabituel qu'une institution financière prenne part à une action en justice en visant une autre, car celles-ci sont fréquemment partenaires dans des syndicats de preneurs fermes et autres levées de fonds. Deuxième au monde dans le secteur financier, Citigroup compte pour filiale Salomon Smith Barney, un important preneur ferme d'émissions d'actions en Bourse.

Comme gestionnaire de portefeuille, explique par ailleurs M. Reda, Natcan Investment peut prendre l'initiative de se joindre à un tel recours, sans un feu vert préalable de la Banque Nationale; rien n'indique d'ailleurs que celle-ci y soit opposée.

En outre l'attitude de la filiale de la BN présente un fort contraste avec celle d'autres gestionnaires de portefeuille, victimes il y a quelques années de fraudes comme chez Bre-X et YBM Magnex.

La profession, au Canada, avait alors évité de s'inscrire à des recours collectifs aux États-Unis, même s'ils étaient lancés d'une manière contingente suivant laquelle les avocats sont payés seulement s'ils obtiennent un règlement en dommages.

À l'époque plusieurs gestionnaires ont admis en privé qu'ils ne voulaient pas voir leur institution associée, en public, à des histoires de scandale et de pertes énormes.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com