Conditions de travail des non-syndiqués - Une coalition presse Québec d'adopter de nouvelles normes minimales de travail
Mots clés : travail

Depuis que le journaliste Denis Lessard de La Presse a relaté jeudi dernier les hésitations que manifeste le gouvernement Landry sur le contenu de cette réforme et le calendrier prévu pour son adoption, le FDNS et l'organisme Au bas de l'échelle s'inquiètent. Car voilà quatre ans que les deux organisations ont formulé une liste de 80 revendications auxquelles elles espèrent que la nouvelle loi apportera des solutions.
De plus en plus, les gens ne travaillent qu'occasionnellement, à temps partiel, ou à temps plein mais avec des contrats à durée déterminée, a rappelé Françoise David. Ces statuts précaires sont devenus la règle du marché du travail. Près d'un million et demi de travailleurs ne sont pas syndiqués au Québec, soit 60 % de la population sur le marché de l'emploi.
Devant un portrait aussi désolant, le FDNS et l'organisme Au bas de l'échelle réclament des mesures -- dans la loi -- pour freiner la précarisation de l'emploi. «Les employeurs utilisent la précarité parce que cela leur coûte moins cher de charges sociales. Nous voulons freiner cette façon de faire en établissant une égalité de traitement entre les travailleurs à statut précaire et les réguliers», a lancé Françoise David.
On veut aussi s'attaquer à la prolifération des «faux» travailleurs autonomes, comme notamment ces jeunes coursiers à bicyclette qui sont considérés comme des travailleurs autonomes alors que dans les faits ils sont salariés et que leur patron fixe leurs horaires de travail. Par contre, ils doivent assumer les coûts de leurs outils de travail, en l'occurrence leur vélo, et ils sont privés d'avantages sociaux. «En raison de leur statut de travailleur autonome, l'employeur est exempté de leur verser des avantages sociaux et de payer leur déduction d'employeur au gouvernement», a précisé Mme David.
Congédiements abusifs
Autre cheval de bataille: on désire introduire la possibilité de recours contre l'employeur dans les cas de congédiements abusifs après un an de travail à la même adresse. Actuellement, seules les personnes qui ont plus de trois ans de service ont le droit de contester un congédiement sans cause juste et suffisante, souligne Françoise David avant d'ajouter qu'aujourd'hui 52 % de la main-d'oeuvre travaille pour une même entreprise ou institution depuis moins de trois ans. Parmi les diverses mesures de conciliation travail-famille proposées, on espère vivement que la loi accordera aux employés le droit de refuser d'effectuer des heures supplémentaires.
On réclame aussi la possibilité de recours contre le harcèlement psychologique. Le Québec est très en retard sur cette question, a précisé Françoise David. «Il est grand temps qu'on reconnaisse ce problème et qu'on s'y attaque. La France et les pays scandinaves ont déjà légiféré en la matière alors que l'Italie, l'Espagne et la Belgique s'apprêtent à le faire.»
Une autre revendication d'importance répétée hier vise à accorder aux domestiques résidant chez leur employeur ainsi qu'aux femmes qui font du maintien à domicile (un métier en développement en raison du virage ambulatoire) les mêmes protections qu'aux autres travailleurs. Car la réalité de ces deux catégories de travailleuses échappe à plusieurs égards à la Loi sur les normes minimales de travail.

