Les inspecteurs en désarmement de l'ONU retourneront-ils en Irak? - Le Conseil de sécurité aura le dernier mot
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New York - Le chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU, Hans Blix, a rendu compte hier au Conseil de sécurité de l'accord qu'il a obtenu à Vienne sur les modalités du retour des inspecteurs en Irak, et a apparemment renoncé à une reprise des inspections dès la mi-octobre, contrairement à ce qu'il avait annoncé à Vienne. Hans Blix a réitéré, à la sortie de son audition de plus de deux heures avec les membres du Conseil de sécurité, que le retour des inspecteurs en Irak dépendait de cet organe.
Mohamed El Baradei, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), également présent lors de ces consultations, a souligné que «l'appui unanime du Conseil était nécessaire pour pouvoir faire des inspections efficaces».
La Maison-Blanche a estimé hier à ce propos qu'une nouvelle résolution était nécessaire car, si les inspecteurs «devaient retourner dans les conditions du régime actuel, il serait impossible de les appeler inspecteurs». «Ils ne seraient rien d'autre que des touristes que l'on promènerait», a noté Ari Fleischer.
Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a souligné pour sa part qu'il appartenait à présent au Conseil de sécurité de décider si l'adoption d'une nouvelle résolution était nécessaire ou non avant le départ des inspecteurs pour Bagdad.
Cette question divise les cinq membres permanents du Conseil. Les États-Unis, suivis par la Grande-Bretagne, s'opposent au départ des inspecteurs avant l'adoption d'une nouvelle résolution sur le régime des inspections, qui autoriserait un recours automatique à la force en cas d'infraction irakienne. La France, la Russie et la Chine sont hostiles à une telle résolution.
Entre-temps, le débat s'est intensifié sur la question d'une éventuelle nouvelle résolution. Un projet de résolution américano-britannique très dur a été désapprouvé hier par la Russie.
En revanche, le premier ministre britannique Tony Blair a une nouvelle fois apporté son soutien à la position de Washington. Une résolution prévoyant l'usage de la force «est absolument essentielle», a-t-il déclaré à la presse à Blackpool, dans le nord-ouest de l'Angleterre.
L'Irak, pour sa part, estime avoir marqué des points dans son bras de fer avec les États-Unis en concluant mardi un accord avec les inspecteurs de l'ONU, un avis partagé par des diplomates occidentaux à Bagdad. Le régime du président Saddam Hussein, qui affirme ne pas disposer d'armements de destruction massive, avait accepté le 16 septembre le principe du retour sans condition des inspecteurs.
Un duel Saddam-George W.
La Maison-Blanche a rejeté hier comme «irresponsable» la proposition d'un duel entre le président américain George W. Bush et le président irakien Saddam Hussein, avancée par le vice-président irakien Taha Yassine Ramadan pour éviter une guerre. «Il ne peut pas y avoir de réponse sérieuse à une proposition irresponsable comme ça», a déclaré le porte-parole présidentiel Ari Fleischer.
M. Ramadan a proposé hier, dans une entrevue diffusée par la chaîne de télévision satellitaire d'Abou Dhabi, «que le président américain et un groupe qu'il choisira affrontent un groupe de notre» pays. «Nous allons ensuite choisir un territoire neutre et charger Kofi Annan de superviser [le duel]. Chacun des deux groupes doit utiliser le même type d'armes. Un président [irakien] contre un président [américain], un vice-président contre un vice-président, et le duel commence», a-t-il encore dit, estimant que «c'est le moyen d'éviter aux peuples irakien et américain» les conséquences de la guerre.

