Histoire - Vie d'artiste
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Peintre figuratif du début du siècle, Rodolphe Duguay fut l'élève de Suzor-Côté. Si on retient moins son apport à l'art québécois que celui de son maître, ce n'est pas simple affaire de talent. Duguay, malgré sa pratique forcenée de la peinture et de la gravure, freina peut-être lui-même sa reconnaissance publique, assailli qu'il était par une humilité doublée d'une naïveté exacerbées. Ce sont ces traits de caractère, enrichis de réflexions sur la pratique naissante de l'art moderne au Québec, que nous donne à lire ce Journal, document inédit que publient maintenant les Éditions Varia.
Au contact du témoignage sincère et intérieur de l'artiste, le biographe partage avec le lecteur un questionnement justifié. «La vie et l'oeuvre de cet homme témoignent d'un passé bien révolu, écrit-il en guise d'introduction aux sept cents pages qui vont suivre. Est-il possible maintenant de regarder, avec des yeux neufs et dépourvus de mépris, cette période oblitérée? Est-ce possible de l'aborder dans un esprit d'ouverture afin d'en découvrir l'incomparable richesse?»
De Nicolet à Montréal en passant par les années d'apprentissage à Paris, les pèlerinages à Lisieux, à Lourdes et à Venise, c'est un Rodolphe Duguay en plein essor que nous découvrons. Un peintre qui témoigne de son profond attachement à l'exploration artistique, lien enrichi par une quête incessante du sacré. Un document qui s'adresse au dilettante comme à l'admirateur de l'oeuvre picturale de Duguay.
Journal (1907-1927)
Rodolphe Duguay
Texte établi
par Jean-Guy Dagenais
Éditions Varia
Montréal, 2002, 752 pages

