Pour éviter une hausse des taux d'intérêt - Greenspan appelle le Congrès à plus de discipline budgétaire

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AFP
Édition du vendredi 13 septembre 2002

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Le président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, à son arrivée à la Chambre des représentants.

Photo: Agence Reuters

Washington - Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, a appelé le Congrès à restaurer la discipline budgétaire pour éviter notamment une hausse des taux d'intérêt dans un discours prononcé hier devant la commission budgétaire de la Chambre des représentants.

«Restaurer la discipline budgétaire doit être une grande priorité», a déclaré Alan Greenspan en estimant par ailleurs que l'économie américaine a «bien encaissé» les nombreux défis auxquels elle a fait face depuis un an.

«Le retour à un climat budgétaire de déficits importants et continus signifierait le retour à une ère de taux d'intérêt élevés, de faibles niveaux d'investissements et de croissance de la productivité plus lente», a souligné le patron de la banque centrale américaine. «Actuellement, les taux d'intérêt sur les bons du Trésor sont à leur plus bas niveau depuis plus de 40 ans, et je peux difficilement justifier que les déficits fassent pression sur les taux d'intérêt [...]. Mais l'histoire suggère qu'un abandon de la discipline budgétaire fera, à terme, monter les taux d'intérêt, gênera beaucoup les dépenses d'investissements, ralentira la croissance de la productivité et forcera à des choix plus durs pour nous à l'avenir.»

Selon les dernières prévisions du Congrès, l'État fédéral américain devrait accuser cette année un déficit budgétaire de 157 milliards de dollars contre un excédent de 127 milliards en 2001. Le Congrès, qui table sur un déficit de 145 milliards en 2003, prévoit la poursuite de déficits budgétaires jusqu'à l'année fiscale 2005.

M. Greenspan a notamment demandé au Congrès de renouveler les dispositions législatives imposant une discipline budgétaire, qui devraient expirer fin septembre. «Un échec à les préserver constituerait une grave erreur», a-t-il averti.

Optimisme relatif

Le président de la Fed s'est par ailleurs montré relativement optimiste quant à la situation de l'économie américaine qui a, selon lui, bien encaissé les défis très significatifs s'étant présentés devant elle depuis un an. Parmi ces défis, M. Greenspan a cité les reculs importants enregistrés sur les marchés boursiers, une forte baisse des dépenses d'investissements des entreprises et les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington. «À ce jour, l'économie paraît avoir bien encaissé cette série de coups, même si les effets négatifs subsistent et continuent d'avoir un effet, en particulier les perspectives du budget fédéral.»

Ces remarques relativement optimistes sur la situation économique américaine paraissent confirmer que la Fed ne baissera pas ses taux directeurs, actuellement au plus bas depuis 40 ans, lors de sa prochaine réunion, prévue le 24 septembre, estiment les analystes.


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