Les villes de la planète se prononcent en faveur de Kyoto
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Johannesburg -- Les maires des villes canadiennes, américaines et australiennes ont présenté hier une résolution conjointe à la session des gouvernements locaux, une des instances du Sommet mondial sur le développement durable, pour obtenir que les grandes villes de la planète demandent officiellement aux gouvernements canadien, américain et australien de ratifier le protocole de Kyoto sur le contrôle des émissions de gaz à effet de serre.
La session des gouvernements locaux est une instance importante du Sommet de Johannesburg sur le développement durable. Elle traduit l'importance qu'avait accordée à Rio la communauté internationale aux instances politiques les plus près des populations et de la société civile. C'est l'ancien maire de Montréal, Jean Doré, qui avait en 1992, à Rio, présenté à la plénière du Sommet de la Terre les conclusions des gouvernements locaux. Hier, Alan De Sousa, membre du comité exécutif de Montréal, mettait fin à l'éclipse de la ville dans ce domaine en agissant comme un des quatre porte-parole à la conférence de presse. M. De Sousa a joué un rôle très actif dans ce débat ainsi que la mairesse de Mississauga, en Ontario, Hazel McCallion.
Les 74 villes représentées ici par plus de 700 délégués ont aussi fait leur la proposition du Brésil de porter d'ici 2010 à 10 % de la consommation globale la part des énergies renouvelables dites «nouvelles», ce qui exclut l'hydroélectricité et la biomasse.
Elles ont aussi appuyé le projet du Congrès américain qui, au grand dam de l'administration Bush, étudie présentement un projet de loi qui porterait à 50 milliards les investissements fédéraux américains dans les énergies nouvelles. Cette somme serait financée à même les économies réalisées par l'administration si on coupait les subventions et exemptions fiscales accordées à coups de milliards aux énergies fossiles comme le pétrole.
«Les municipalités canadiennes voient très bien les liens qui existent entre le développement durable et la qualité de vie de leurs citoyens», a déclaré la mairesse de Mississauga.
Quant au représentant de Montréal, il a ajouté que les humains ne reprendront jamais le contrôle du climat sans un signal très clair, comme la ratification du protocole de Kyoto, aux entreprises et aux gouvernements locaux. On veut que Jean Chrétien, qui arrivera incessamment à Johannesburg, vienne y annoncer une décision favorable au protocole. «C'est la seule façon de s'assurer pour le Canada qu'il ressorte quelque chose de vraiment positif de ce sommet.»
Globalisation
D'autre part, la grande session des villes des cinq continents a adopté une déclaration qui s'inscrit en faux contre les mérites de la globalisation et des privatisations au niveau municipal en raison de l'érosion que celles-ci suscitent en déresponsabilisant les citoyens et en érodant la primauté de l'intérêt public dans la gestion.
Ces surprenantes prises de position illustrent à quel point les gouvernements supérieurs, qui poussent tous à Johannesburg pour la libéralisation des marchés et la privatisation des services les plus essentiels, comme l'eau et l'énergie, sont loin de leur base politique.
Les villes ont ainsi convenu de lancer un débat «sur les impacts de la libéralisation des services publics, avec comme objectif de s'assurer que l'intérêt supérieur du public est maintenu et que les facteurs sociaux et environnementaux sont intégrés encore plus étroitement dans la prise de décision».

