Opinion
Le parachèvement de l'autoroute 25 - Un projet vital pour la région métropolitaine
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Le 27 août dernier, les maires de 14 municipalités de la couronne Nord, représentant plus de 750 000 citoyens, se sont unis au sein du Regroupement pour l'autoroute et le pont de la 25 afin de faire valoir aux autorités responsables l'urgence et l'importance de réaliser ce lien routier dans les meilleurs délais.
Alors que débute la période d'information du BAPE sur ce projet, nous souhaitons unir les forces politiques et économiques de nos régions respectives afin de constituer une voix forte pour faire valoir la nécessité et la validité de ce projet, que nous réclamons depuis plus de trente-cinq ans.
Les liens routiers existants entre Montréal et Laval sont en effet devenus si congestionnés, et les temps de parcours si longs, que la santé économique de toute la région métropolitaine risque à court terme d'être affectée si aucun effort d'allègement n'est fait. Et cela, c'est sans parler de la qualité de vie de tous les automobilistes qui doivent passer de plus en plus longues portions de chaque journée dans des embouteillages sans fin.
De plus, en l'absence d'un lien routier rapide et efficace dans l'est de l'agglomération, nous surchargeons inutilement les voie routières du centre, tels que l'autoroute 15 (Décarie) et le boulevard Métropolitain, en forçant un nombre important de voitures et de camions de marchandise à faire de longs et coûteux détours. Selon le ministère des Transports du Québec, le parachèvement de l'autoroute 25 permettrait de réduire de plus de 43 000 km la distance parcourue chaque matin par les automobilistes montréalais, tout en réduisant de plus de 10 000 heures le temps d'attente matinale des automobilistes de la région. Sur une base annuelle, ce sont donc près de 20 millions de kilomètres parcourus et près de 5 millions d'heures d'attente qui seraient ainsi économisés.
Voilà autant d'heures qui pourraient être consacrées à l'amélioration de notre productivité, aux loisirs ou au temps passé en famille, ce qui représente un gain inestimable pour notre société, où le temps est bien souvent notre denrée la plus rare. Cette impressionnante réduction de la distance parcourue et du temps d'attente permettrait également d'améliorer notre environnement en réduisant les émissions polluantes, notamment celles de gaz à effet de serre. D'ailleurs, si l'on considère que la concentration des émissions polluantes résultant d'une file de voitures immobilisées est bien plus dommageable pour l'environnement que les émissions produites par ces mêmes voitures lorsqu'elles sont en déplacement, l'effet net d'une amélioration de la fluidité du réseau routier métropolitain sur la qualité de l'air pourrait être encore plus grand.
D'autre part, comme aucune voie rapide ne permet présentement de traverser l'île de Montréal du nord au sud en quelque point que ce soit à l'est de l'autoroute Décarie, la réalisation de ce projet serait une question d'équité pour les contribuables de l'est de l'agglomération métropolitaine, qui ont vu leur réseau routier laissé pour compte tandis que les voies rapides se sont multipliées à l'ouest.
Un projet plus que nécessaire
De même, les croissances démographique et économique formidables qu'ont connues Laval, la Rive-Nord et l'est de Montréal au cours des dernières années ont rendu ce projet plus que nécessaire. Pourquoi les citoyens et les entreprises qui ont choisi de s'établir sur notre territoire ne seraient-ils en effet pas en droit de pouvoir compter sur un réseau routier aussi fluide et efficace que ceux et celles qui se sont établis dans d'autres endroits de la région métropolitaine, à une époque antérieure ?
De façon générale, le parachèvement de la 25 permettrait de compléter le réseau de transport métropolitain tel qu'il avait été envisagé à l'origine et de lui assurer la continuité qui lui fait présentement défaut dans l'axe nord-sud. Conjugué au prolongement de l'autoroute 30 sur la Rive-Sud, le parachèvement de la 25 permettrait ainsi de doter Montréal d'une véritable voie de contournement, comme cela existe dans la plupart des grandes métropoles.
La création d'une telle autoroute périphérique ne manquerait d'ailleurs pas d'avoir un impact économique considérable en réduisant de façon marquée le temps de livraison des marchandises, alors que les entreprises situées dans l'est de la région montréalaise, de Boucherville à Terrebonne et bien au-delà, pourront rejoindre leurs clients sans avoir à emprunter les voies congestionnées du centre.
Les entreprises dont les circuits de livraison naturels passent par le centre de la ville bénéficieront elles aussi de ce nouveau lien routier en tirant profit du délestage des voies centrales qui résultera inévitablement de la déviation d'une partie de la circulation vers l'autoroute 25.
De la même façon, ce nouveau lien routier permettra de relier plus rapidement et plus efficacement divers points névralgiques du réseau de distribution des marchandises de Montréal, tels que le port de Montréal et l'aéroport Mirabel.
En cette époque où les entreprises comptent sur la distribution just in time, on peut donc facilement imaginer que toute amélioration dans la circulation des marchandises sera un facteur de compétitivité internationale important pour Montréal.
D'autre part, en privilégiant la réalisation de ce projet sur la base d'un partenariat privé-public, un mode de gestion qui a déjà fait ses preuves ailleurs au Canada, notamment avec l'autoroute 407 à Toronto, la construction du pont de l'autoroute 25 sera une occasion pour le gouvernement du Québec d'innover en matière de financement des travaux publics.
Ce mode de gestion permettra par surcroît d'importantes économies sur la facture totale de ce projet, estimée à entre 280 et 325 millions de dollars.
Enfin, tel que proposé par le ministère des Transports, ce projet a l'énorme avantage, contrairement à la plupart des autres projets de transport présentement envisagés dans la région métropolitaine, de ne nécessiter aucune expropriation parce que tous les terrains requis pour sa réalisation sont déjà la propriété du gouvernement du Québec depuis le milieu des années 70.
Bien que ce projet figure déjà dans le Plan de gestion des déplacements de la région métropolitaine du ministère des Transports et que ce dernier a déjà procédé à un premier appel d'intérêt pour qualifier des entreprises privées intéressées à investir dans le projet, nous savons qu'il reste de nombreuses étapes à franchir avant que ce projet ne reçoive le feu vert définitif de la part du gouvernement du Québec, et c'est pourquoi nous avons mis sur pied ce regroupement.
Alors même que l'agglomération montréalaise vient de se doter, via la Communauté métropolitaine de Montréal, d'une structure administrative permettant de voir au développement économique et social de la région dans son ensemble, la construction d'un lien routier rapide et efficace dans la portion est de la région métropolitaine s'inscrirait dans la continuité de cette vision d'ensemble que la région métropolitaine a choisi d'adopter.
Nous appelons donc le gouvernement à être conséquent et à fournir à l'ensemble de l'agglomération montréalaise cet élément essentiel à son développement économique et au maintien de la qualité de vie de ses résidants.
Les membres du Regroupement pour l'autoroute et le pont de la 25 :
M. Claude Carignan, maire de St-Eustache
Mme Chantal Deschamps, mairesse de Repentigny
M. Yvan Deschênes, maire de Rosemère
M. Élie Fallu, maire de Sainte-Thérèse
M. Pierre-Benoît Forget, maire de Deux-Montagnes
M. Pierre Gingras, maire de Blainville
M. Paul Larocque, maire de Bois-des-Filion
M. Richard Marcotte, maire de Mascouche
M. Hubert Meilleur, maire de Mirabel
M. Jean-Marc Nepveu, maire de Ste-Anne-des-Plaines
M. Gilles Pelletier, maire de Lorraine
M. Robert Poirier, maire de Boisbriand
M. Jean-Marc Robitaille, maire de Terrebonne
M. Gilles Vaillancourt, maire de Laval

