Courrier express

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Michel Marcoux
Édition du lundi 26 août 2002

Mots clés :

Est-ce avantageux d'acheter des fonds distincts compte tenu de la volatilité du marché boursier actuel? -- F. M. Longueuil.

Les fonds distincts sont la copie, souvent exacte, de fonds communs de placement déjà sur le marché, et ils comptent trois caractéristiques spécifiques: d'abord, un statut juridique différent du fonds commun de placement qui protège le capital contre les créanciers du détenteur en cas de faillite de celui-ci, puis, une garantie de capital généralement à la fin d'une période de détention de 10 ans, et, enfin, une garantie de capital au décès du détenteur.

Ces trois caractéristiques sont incontestablement très intéressantes et possèdent une valeur certaine. Le problème avec ce produit, c'est le coût des frais de gestion qui me semblent nettement exagérés. Selon M. Moshe A. Milevsky de l'Université de York, la valeur sous-jacente à une garantie de capital sur 10 ans est d'environ 42 points de base, soit 0,0042 par dollar à protéger. Cependant, en pratique, c'est beaucoup plus onéreux, au moins plus que le double du coût réel de la valeur selon le professeur Milevsky.

Au 31 juillet, malgré le marché que nous connaissons, sur 149 fonds distincts d'actions canadiennes avec un historique de plus de 10 ans, seulement six fonds ont eu un rendement négatif. Pour ce qui est de la garantie de capital au décès, sachez qu'elle est 100 fois plus avantageuse pour une personne de 80 ans que pour un investisseur de 30 ans...

Selon mon conseiller en placement, mon portefeuille n'est pas assez diversifié à l'international, puisque je ne maximise pas à 30 % mon REER. Est-ce si important?

-- P. M-G, Saint-Hubert.

Il est important de diversifier son portefeuille par secteur économique et par secteur géographique. Par contre, la proportion de 30 % me semble exagéré pour la plupart des investisseurs québécois. Il faut savoir qu'un portefeuille complètement canadien en fonds communs de placement, et ce, en s'appuyant sur la définition des lois fiscales canadiennes, ne signifie pas pour autant que vous n'auriez aucun investissement étranger.

Quand vous avez, par exemple, dans votre portefeuille, le fonds Fidelity Disciplines actions canadiennes, sachez que ce fonds comprend 14,5 % de son actif investi en actions étrangères. De plus, ce même fonds possède des actions de la compagnie canadienne Bombardier, qui, à part son siège social et quelques usines, n'a pour ainsi dire aucun revenu provenant du Canada. D'ailleurs, un très très faible pourcentage des revenus de cette entreprise sont en dollars canadiens.

Et, à mon avis, la mode d'achat de titres étrangers, ne fait qu'élargir le fossé entre la valeur de nos entreprises et celle des entreprises non canadiennes, trop souvent américaines. En résumé, en investissant 20 % de votre portefeuille à l'étranger, dans le cadre des fonds communs de placement, il est important de réaliser que votre contenu étranger pourrait en fait, être d'environ 36 %.

Que pensez-vous des investisseurs qui empruntent pour investir davantage?

-- N. S., Candiac

Cette question comporte deux aspects très différents, mais tout aussi importants l'un que l'autre. Le premier, d'ordre financier, est simple: oui, il est rentable à certaines conditions d'emprunter à son institution financière pour investir plus dans son portefeuille de fonds communs de placement. Les conditions? S'assurer que vos intérêts seront déductibles de vos impôts et que le rendement de vos investissements sera supérieur à vos frais d'intérêts.

Cependant, même si les statistiques semblent bien démontrer, sans l'ombre d'un doute, la rentabilité d'une telle stratégie, les deux dernières années ont sûrement été une rude épreuve pour les investisseurs qui ont adopté cette stratégie. C'est d'ailleurs cet aspect qui m'importe le plus.

Même si la rentabilité à long terme d'une telle stratégie semble indéniable, l'effet psychologique pour l'investisseur lors d'une période de baisse de marché comme nous en connaissons une actuellement a quelque chose de dramatique. L'effet levier, expression utilisée pour définir l'action d'emprunter pour investir, fait en sorte que, selon l'importance de l'emprunt, votre actif peut diminuer beaucoup plus rapidement que le marché. Et, comme j'ai toujours cru qu'il est plus important que mes clients dorment bien, j'ai tendance à dire: «Attention, si vous cherchez le rendement maximal. En effet, assurez-vous que ce ne sera pas au détriment de votre sommeil».

Il en va autrement quand je réponds à la question suivante qu'il ne faut pas confondre avec ce qui précède: «Est-ce préférable de rembourser son hypothèque ou d'investir dans son REER?» En règle générale, maximiser ses investissements dans son REER est une priorité indéniable. Vous pourrez toujours rembourser votre hypothèque par la suite avec vos remboursements d'impôt, et vous vous assurerez une meilleure retraite.

Michel Marcoux est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers inc., une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement, et il est l'auteur de l'ouvrage Les 100 meilleurs fonds 2002.


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