Télésystème Mobile International - Quand les malheurs de TIW sont expliqués

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Édition du lundi 05 août 2002

Mots clés : tiw

Londres -- L'aventure de Télésystème Mobile International (TIW) au Royaume-Uni a mal tourné, au point même d'ébranler l'entreprise de téléphonie sans fil de Montréal.

TIW estime cependant que ses malheurs n'avaient rien à voir avec le fait de faire affaires au Royaume-Uni. C'est une opinion que partage une analyste spécialisée dans l'industrie des télécommunications, Joanne Lemay, de la firme Lemay-Yates Associates, à Montréal.

«Ils ont fait un investissement qui était de loin trop élevé pour ce qu'ils pouvaient aller chercher en termes de revenus, a déclaré Mme Lemay en entrevue téléphonique. Le même constat aurait pu arriver s'ils avaient essayé de faire la même chose au Canada ou aux États-Unis ou n'importe où.»

C'est en 1994 que TIW, une filiale de l'empire de Charles Sirois, a procédé à une première acquisition au Royaume-Uni et a entrepris de monter un réseau de téléphonie sans fil numérique.

Le directeur des communications de TIW, Mark Boutet, a expliqué que l'entreprise voulait répéter en Europe le succès de Nextel, un fournisseur de services de téléphonie sans fil qui visait une clientèle d'entreprises et qui avait les revenus par abonnés les plus élevés aux États-Unis.

Le rêve européen de TIW s'est cependant effondré. La filiale britannique de TIW, Dolphin Telecom, s'est placée sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers en juillet 2001 et TIW a dû radier complètement sa participation dans Dolphin.

TIW avait investi 750 millions de dollars dans la filiale. «Ce n'est pas parce que c'était au Royaume-Uni que ça n'a pas marché», a soutenu M. Boutet.

Il a plutôt blâmé la fermeture du marché des capitaux devant l'industrie européenne des télécommunications et une nouvelle technologie qui n'était pas au point. «Le son était mauvais, la couverture était très mauvaise, a-t-il déploré. Nous attendions des appareils de deuxième génération, mais il y avait toujours des délais.»

Mme Lemay a reconnu que Dolphin avait connu des problèmes technologiques. Elle a cependant remis en question l'ampleur des investissements de TIW au Royaume-Uni. «Ils procédaient à des investissements massifs, comme s'ils s'attaquaient à un marché de consommateurs de masse, alors que le marché réel était beaucoup plus petit», a-t-elle affirmé.

Elle a indiqué que l'industrie des télécommunications comportait des risques technologiques. L'important est de savoir doser ce risque et de se retirer à temps. «Ils ont mis beaucoup d'argent avant de se retirer», a-t-elle déclaré. Selon elle, le fait de faire affaires au Royaume-Uni n'était pas en cause. «Je ne crois pas qu'il y avait des barrières à l'entrée, au contraire, a-t-elle affirmé. La Grande-Bretagne est un marché très très ouvert.»

Elle a ajouté qu'il y avait beaucoup d'affinités entre les méthodes d'affaires au Royaume-Uni et au Canada.

«C'est sûr que ça coûte plus cher de bâtir des réseaux à Londres qu'à Montréal, mais par contre, les prix facturés aux abonnés sont plus élevés aussi», a-t-elle fait observer.

Ironiquement, TIW a mieux réussi dans des pays aux cultures d'affaires plus différentes, comme la Roumanie et la République tchèque. TIW, qui a perdu 253,7 millions en 2001, entend dorénavant se concentrer sur l'Europe de l'Est. L'action de TIW, qui avoisinait 340 $ au début de 2000, se négocie actuellement autour de 0,50 $.


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