Washington a enfin décidé d'agir - Les marchés boursiers sont en partie rassurés
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Washington -- L'administration du président George W. Bush et le Congrès ont enfin réussi cette semaine à rassurer en partie les marchés financiers grâce à des mesures énergiques, mais il faudra encore du temps pour que les investisseurs retrouvent le moral.
Le changement est total par rapport aux semaines précédentes, lorsque les cours continuaient à chuter -- ou même accéléraient parfois leur dégringolade -- après chaque déclaration «rassurante» de M. Bush sur la bonne santé de la reprise économique américaine.
Passage aux actes
Abandonnant les simples discours, les politiques sont passés aux actes dans un rare exemple d'unanimité.
Le Congrès a adopté jeudi une législation anticorruption dans le monde des affaires qui constitue la réforme la plus ambitieuse depuis la Grande Dépression des années 30.
Malgré la mobilisation des groupes de pression patronaux, le projet de loi a été plébiscité par les parlementaires avec, phénomène exceptionnel, un vote unanime au Sénat (99 à 0) et une approbation à une majorité plus qu'écrasante (423 contre 3) à la Chambre des représentants.
Cette réforme est «une victoire pour les actionnaires et les employés américains», a déclaré M. Bush en promettant de promulguer rapidement la loi, même s'il était opposé à ce texte il y a encore quelques semaines, comme d'ailleurs la majorité des républicains.
La nouvelle législation renforce considérablement la répression contre les patrons indélicats -- forte augmentation des amendes et peines de prison pouvant aller jusqu'à 20 ans -- et modifie de fond en comble la profession comptable pour tenter d'éviter les trucages des résultats financiers des entreprises.
«Cette loi protégera les investisseurs, traquera les fraudeurs et permettra un contrôle sévère des firmes d'audit comptable», a indiqué Travis Plunkett, directeur de la Fédération américaine des consommateurs (Consumer Federation of America).
Pour bien montrer que la lutte contre la criminalité en col blanc est devenue prioritaire en ces temps de scandales financiers, le département de la Justice a annoncé mercredi, d'une manière très médiatisée, un coup de filet contre les anciens dirigeants d'Adelphia Communications, un câblo-opérateur en faillite à la suite d'une énorme fraude.
Sous l'oeil des caméras de télévision, pas moins de cinq personnes ont été arrêtées sans ménagement par la police, dont l'ancien p.-d.g. d'Adelphia, John Rigas, 77 ans.
Selon la presse, trois ex-responsables de WorldCom devraient être inculpés dès la semaine prochaine. Le géant des télécommunications, victime lui aussi de malversations comptables, a demandé dimanche la protection de la loi sur les faillites, ce qui constitue la plus grosse banqueroute de l'histoire américaine.
Traumatisme
Mais toutes ces mesures, aussi énergiques soient-elles, mettront du temps à réconforter les investisseurs, qui restent traumatisés par les scandales.
Signe de leur méfiance, chaque information ou simple rumeur sur la possibilité d'une nouvelle «affaire» fait sursauter la Bourse et plonger les titres des entreprises concernées.
Le géant des médias et d'Internet AOL-Time Warner a chuté ces derniers jours à Wall Street après avoir annoncé être la cible d'une enquête informelle du gendarme de la Bourse (SEC). Accusées par une commission du Sénat de complicité dans le scandale Enron, les deux premières banques américaines, Citigroup et JP Morgan Chase, ont connu le même sort.

