Journée de grève dans l'hôtellerie - Quatorze hôtels de Montréal paralysés pendant 24 heures

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Valérie Dufour
Édition du samedi 27 et du dimanche 28 juillet 2002

Mots clés :

Après le Hilton de Laval, le Wyndham, le Hilton Bonaventure et le Centre Sheraton s'entendent avec leurs syndiqués

Photo: Jacques Grenier

Gonflés à bloc par des règlements de dernière minute dans cinq hôtels, quelque 3000 travailleurs ont tenu hier une journée de grève à Montréal. Ce mouvement de protestation a paralysé les activités de 14 établissements abritant 4421 chambres.

Les membres de la Fédération du commerce de la CSN avaient prévenu leurs patrons depuis belle lurette qu'ils ne se présenteraient pas au travail en ce vendredi d'été. «Vous faites de l'argent et vous devez partager avec nous. Ça fait trois mois que vous nous dites non et ça fait trois mois que l'on se mobilise», a lancé hier midi le président de la fédération, Jean Lortie.

Voyant la date fatidique approcher, la direction du Hilton de Laval a conclu jeudi une entente de principe avec ses employés. Hier matin, trois autres hôtels l'ont imitée et signé une entente similaire avec leur syndicat local. Le Wyndham, le Hilton Bonaventure et le Centre Sheraton ont donc évité la grève de justesse.

L'entente de trois ans convenue entre les parties comprend principalement une augmentation salariale de 10 %, une amélioration du régime de vacances et une hausse de 1 % de la cotisation de l'employeur au REER collectif de ses employés. La nouvelle convention collective inclut également une diminution de la tâche des préposés aux chambres, qui auront une chambre de moins par jour à nettoyer.

Ententes spectaculaires

«Après plusieurs semaines d'intenses négociations, nous sommes très satisfaits du résultat, a commenté Isabelle Fagnan, directrice du marketing et des ventes du Centre Sheraton. Nous avons atteint notre objectif fondamental comme hôtel cinq étoiles: celui de maintenir le service à la clientèle.»

Sans mâcher ses mots, Jean Lortie a qualifié ces ententes de «spectaculaires» et il entend s'en servir comme base de règlement dans les 15 hôtels toujours sans convention collective. «Je ne vois pas pourquoi il y aurait de l'argent dans certains hôtels et pas d'argent dans d'autres. [...] Nous avons le droit d'avoir de bonnes conditions de travail. Nous ne sommes ni des valets ni des servants.»

Réunis à la place du Canada, au centre-ville de Montréal, des centaines de syndiqués ont assisté à une «fête tropicale» organisée par la CSN hier midi. Musique, bouffe et discours étaient au rendez-vous. On avait même loué les services d'un avion pour qu'il promène dans le ciel une banderole portant l'inscription «Festival de l'hôtellerie 2002».

«À compter de demain [aujourd'hui], on rentre au travail. On rentre la tête haute. On rentre dans l'ordre, a lancé M. Lortie aux syndiqués. Mais à partir de ce moment, s'il n'y a pas de règlement, on pèse sur l'accélérateur. On veut la même chose que ce que les employés des autres hôtels ont eu parce qu'on travaille aussi fort qu'eux.»

Marche à suivre

Cet après-midi, les présidents des syndicats se réuniront de nouveau pour déterminer la marche à suivre pour les prochains jours. Jean Lortie a précisé qu'aucun scénario n'était écarté. Ni la possibilité d'une grève de 72 heures, ni celle d'une grève générale illimitée. Dès le début de la semaine prochaine, les travailleurs seront consultés en assemblée générale pour valider ou non la stratégie syndicale.

«Le monde de l'hôtellerie est un monde d'excellence. Il est donc normal que les hôteliers retournent l'appareil à ceux qui façonnent cette excellence au jour le jour», a lancé la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, venue en renfort faire le tour des piquets de grève. Elle a ajouté qu'il était normal d'exiger l'amélioration de ses conditions de travail dans un secteur qui va aussi bien.


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