Bush ne rassure personne, Wall Street perd pied
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Photo: Agence Reuters
La Bourse américaine a toutefois évité le pire, Wall Street clôturant sur un déclin d'à peine 0,52 %, après avoir chuté de plus de 5 % au paroxysme de la vague de liquidations qui a balayé la place dans l'après-midi, tandis que le Nasdaq a même réussi à finir dans le vert avec un gain de 0,63 %.
Le Dow Jones a reculé de 45,34 points à 8639,19 points et l'indice composite de la Bourse électronique Nasdaq a progressé de 8,70 points à 1382,20 points. L'indice S&P 500, plus représentatif de la tendance générale, a perdu 3,52 points (-0,38 %) à 917,87 points.
«Notre économie est fondamentalement solide, l'inflation est faible. Nous avons une politique monétaire saine, les taux d'intérêts sont raisonnables», a déclaré M. Bush, malgré la tourmente frappant les places boursières.
M. Bush a minimisé la crise actuelle, provoquée par la multiplication des scandales financiers depuis qu'a éclaté l'affaire Enron, en qualifiant les soubresauts actuels de résultat d'une «gueule de bois».
«L'Amérique doit se débarrasser de la gueule de bois dont nous souffrons à la suite des excès économiques. Quand il s'agissait des marchés boursiers et des bénéfices d'entreprises, les lendemains [qui déchantaient] n'existaient pas et nous souffrons d'une "gueule de bois" à la suite de ces excès», a déclaré M. Bush.
Le président a pris soin de souligner que la plupart des indicateurs économiques restaient positifs malgré la crise boursière.
«La productivité s'accroît [...] La croissance au premier trimestre a dépassé légèrement 6 %. C'est un bon signe», a-t-il dit avant de noter que les commandes de biens durables étaient en hausse depuis six mois, et que le secteur manufacturier, déprimé, se relevait lentement, les ventes de détail ayant augmenté de 1 % le mois dernier.
Mais pour Art Hogan, un analyste de la maison de courtage Jefferie, le message du président Bush est trop mou au goût des investisseurs.
«Le président essaie de calmer tout le monde mais ce n'est pas ce que les gens veulent entendre. Je ne pense qu'il [le président] a eu l'impact positif qu'il espérait avoir», a noté cet expert.
Signe de l'inquiétude persistante des investisseurs sur les résultats des entreprises américaines, l'euro s'est installé au-dessus de la parité avec le dollar hier pour la première fois depuis février 2000. Il s'échangeait à 16h GMT, à 1,0070 $US contre 0,9912 $US vendredi soir.
Les marchés se raccrochent désormais, pour obtenir un renversement de tendance, à la présentation devant le Congrès aujourd'hui et mercredi par le président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan, de son rapport semi-annuel sur l'économie américaine.
Au cours de son intervention à Birmingham, M. Bush a renouvelé ses avertissements aux patrons véreux et a souligné sa détermination de lutter contre la corruption dans les entreprises, avec la création d'une commission spéciale chargée de traquer les fraudes et de mettre fin au maquillage des comptes de sociétés, et le durcissement des peines prévues en cas d'infractions.
«Il est important pour les patrons américains d'entendre cet appel. Vous devez faire preuve de responsabilité et nous attendons de vous une totale transparence en matière de profits et pertes, en traitant investisseurs et employés avec le respect qu'ils méritent», a déclaré M. Bush en appelant le Congrès à légiférer au plus vite possible dans ce domaine.
Le Sénat américain s'apprêtait à voter hier un vaste projet de loi de réforme des règles comptables, qui prévoit la création d'une commission de surveillance -- qualifiée de super-brigade financière -- qui devra déterminer les normes, procéder à des inspections et sanctionner les sociétés comptables qui jonglent avec les règles.
Elle devrait également interdire aux sociétés d'audit de réaliser certaines opérations de conseil et renforcer la Commission des opérations boursières (SEC) américaine. Le texte du Sénat devra une fois adopté être discuté avec la Chambre des représentants avant d'obtenir la signature de M. Bush.
Selon un sondage de l'institut d'opinion Gallup, les Américains sont relativement divisés sur l'impact des mesures préconisées par M. Bush. 43 % des personnes interrogées estiment qu'elles seront efficaces tandis que 39% pensent le contraire. Selon la même étude, la popularité du président reste forte: 73 % des personnes interrogées approuvent sa conduite du pays, même si 39% estiment qu'il avait agi illégalement ou pris des libertés avec l'éthique lorsqu'il était au conseil d'administration du groupe Harken.

