Opinion

Off Festival - Le jazz de la résistance

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Serge Truffaut
Édition du mercredi 03 juillet 2002

Mots clés : jazz

Le batteur Bruno Tocanne, le saxophoniste Lionel Martin et le contrebassiste Benoît Keller ont décliné toutes les raisons qu'il y avait à faire de la résistance au Cheval Blanc d'abord, au Va-et-Vient ensuite. Oui, ils ont décrit leurs résistances à deux endroits pour la simple mais contrariante raison que le pianiste Pierre St-Jak s'est décommandé au Va-et-Vient.

Toujours est-il que ces trois musiciens venus de France ont commencé les deux spectacles en entonnant le même morceau mais différemment. Cela s'appelait Le Chant des partisans, composition célèbre parce que thème musical des combattants antifascistes. Au Cheval Blanc, Martin a amorcé cette pièce par le cri. Celui qui était cher à Albert Ayler et à Archie Shepp lorsque celui-ci était jeune.

Puis ils ont joué leurs pièces qui toutes, ou pratiquement toutes, ont une raison ou plus exactement une origine politique si appuyée, si clairement affichée, que leur spectacle s'avère une traduction musicale de la vie politique au sein de la Ve République. Il a donc été question de Chirac, qui est président alors qu'il devrait être «en prison», alors que José Bové y est, en prison, alors qu'il ne devrait pas y être.

Il y a aussi un bel intermède existentiel. De-que-cé? De «ce morceau écrit alors que ça va mal et que l'on joue alors que ça va bien». Bref, ils nous ont illustré les hiatus de la vie au jour le jour. Tout écouté, tout mélangé, il se dégage ceci: ce trio a ceci d'essentiel que pour lui la musique ne doit jamais être ramenée à une fonction de décor.


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