Les arnaques de la malbouffe
Mots clés : malbouffe, aliments
Nous sommes en droit de savoir d'où vient notre bouffe et surtout de savoir comment elle est fabriquée

Photo: Patrick Mailloux
Peu importe, cela fait vendre et donne bonne conscience aux consommateurs naïfs.
La peur de dire non!
Les Québécois sont d'excellents cobayes pour les industriels avides de tests ou d'études de marché. Des gens faciles, qui ont le culte de l'obéissance et le respect de la tradition. Avec cela, on peut vous vendre n'importe quoi. Les p'tits pâtés de ma tante préparés de façon industrielle n'ont plus rien à voir avec ceux de ma vraie tante Jeanne, préparés avec amour dans l'attente de la visite. Malheureusement, aussi douée soit-elle, celle-ci n'est point capable d'assurer à ses produits une conservation de 30 jours qui soit entièrement naturelle. Qu'il s'agisse de sel (en augmentation dans les plats préparés) ou de sucre, d'agents de conservation, d'excipients de saveurs, d'arômes artificiels, sans parler des OGM, il faut à tout prix lire les étiquettes car elles nous dévoilent parfois ce que l'on ne voudrait pas savoir.
Stop, ça suffit! Nous sommes en droit de savoir d'où vient notre bouffe et surtout de savoir comment elle est fabriquée. Voici un petit guide qui vous permettra de reconnaître les produits suspects et facilement imitables. La liste pourrait être longue et prendre plusieurs pages. Il faut suivre ce vieil adage, qui s'avère de plus en plus d'actualité: «Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu esÉ». Sans tomber dans le cliché bio à outrance, ou grano-écolo, le choix judicieux des ingrédients qui entrent dans notre alimentation est le reflet d'une société qui évolue. L'évolution alimentaire qui a eu lieu au Québec depuis 15 ans est avant tout le résultat de la découverte de cultures différentes, tant dans nos villes qu'au cours des nombreux voyages que les Québécois effectuent maintenant de façon régulière. Il est désormais possible, tout comme cela fut le cas pour le vin et le porto, de s'éduquer pour mieux acheter. Apprendre à dire non serait bénéfique pour notre société, et découragerait les faussaires d'essayer de nous refiler leur malbouffe.
Voici donc la liste des produits offrant le plus de risques, et ceux qui sont susceptibles d'être falsifiés
Les appellations qui portent à confusion
À l'ancienne, maison, champêtre, original, style fermier, label rouge, cinq étoiles, comme autrefois, frais du jour, maman, tradition, etc.
Les produits d'épicerie
- Jambon et charcuterie, café, poulet, viandes, pains, produits préparés: rien à voir, souvent, avec le produit d'origine. Le jambon, tel qu'il devrait être, se confectionne à partir de gros morceaux de muscles, salés et cuits par la suite. Aucun rapport avec le pseudo jambon pressé et compacté qui laisse s'échapper l'eau du barattage à l'ouverture du paquet.
- Saucisses de toutes sortes: on peut y trouver de tout -- viandes mélangées, chapelure de pain, ajouts aromatiques --, c'est à la limite de l'acceptable. On retrouve même sur les tablettes des merguez qui ne contiennent que du porc, alors qu'elles devraient (religion oblige) être confectionnées avec de l'agneau.
- Pâtés: comme pour les saucisses, on nous vend la gélatine ou les fausses truffes au prix du pâté. Cher pour des mousses qui se rassemblent de la même façon que les saucisses, c'est-à-dire à partir de tout et son contraire.
- Café: achetez de préférence du café en grains, quitte à le moudre sur place. Certains cafés contiennent un pourcentage de pois chiches torréfiés.
- Poulet: un des produits les plus faciles à modifier. Du poulet de batterie, élevé en quelques jours avec moulées et farine, est refroidi à l'eau, puis arrive sur les marchés, peu cher et pas bon. Les morceaux apprêtés et assaisonnés ont la faveur du public. Pourtant, ces morceaux sont barattés et l'on achète au prix du poulet jusqu'à 60 % d'eau injectée aux saveurs de citron, de fumée ou d'épices, qui donnent l'impression que le poulet fond dans la bouche.
- Viandes: malheureusement, là aussi, la réglementation ne protège guère des faussaires. Viandes décongelées non identifiées, viandes délicatisées ou piquées qui permettent aux mauvais bouchers, sans que cela ne soit réglementé, de vendre de la vache pour du boeuf et des morceaux à braiser pour des morceaux qui, comme par enchantement, sont devenus tendres.
- Pain: l'aliment de base de notre civilisation. Le bon pain chaud aux odeurs attirantes est en fait un leurre; il est bourré de levure et n'importe qui peut le faire cuire sans être véritablement boulanger. Il faut s'assurer, pour être sûr de sa qualité, de choisir un pain alvéolé, cuit sur une sole avec des ingrédients de base aussi simples et naturels que: farine, eau, sel, levure. Il faut exclure tout sucre et arôme artificiel, de même que tous ces agents de conservation qui donnent au pain une durée de vie qui n'en finit plus.
- Produits préparés: la mode est à la vitesse, et les consommateurs pressés veulent acheter des plats précuisinés et presque prémâchés. Bien lire les composantes, qui peuvent parfois amener des surprises. Attention aux allergies dans ce type de préparation où une contamination croisée peut se produire.
La restauration
Spaghetti sauce à la viande, soupe de légumes, vin maison, beurre à l'ail, coquilles Saint-Jacques, pizza, dumplings et mets farcis de toutes sortes: une grande partie de l'évolution alimentaire passe par la restauration. Certes, il existe encore de bons petits restaurants où la soupe du jour, communément appelé crème de légumes, est autre chose que des restants en quête de poubelle qui finissent dans nos assiettes. Mais il faut savoir qu'il existe des restos où le beurre à l'ail est un mélange de 3/4 de margarine pour 1/4 de beurre. Pas besoin d'être compliqué ou encore d'être un Normand Laprise ou une soeur Angèle pour manger bon. De simples pommes de terre, quelques herbes fraîches, des fraises de saison peuvent rendre à l'âme le plaisir et la joie d'un déjeuner sur l'herbe.
Les produits tendance
Sushi, plats préparés maison, salades de toutes sortes: contrairement aux règles nippones strictes en la matière, qui précisent que les sushi doivent être préparés à partir de poissons frais devant les clients, ceux-ci sont désormais disponibles dans les supermarchés et affichent une durée de vie pouvant aller jusqu'à cinq jours. Nous sommes bien loin de l'empire du soleil levant!
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GASTROSCOPIE
Ados branchés
Nos ados ne sont pas en général une source de références en matière d'alimentation. Le respect de la table dépend de l'heure de leur faim. Coca-Cola lance une boisson pétillante qui, après un sondage à l'échelle du Canada, devrait satisfaire les ados d'une autre époque. Moins gazeuse, moins citronnée, c'est ce qu'affiche cette nouvelle boisson aux couleurs d'été.
Mello Yellow, disponible partout en formats 355 ml, 591 ml et 2 litres.
Gastronomes en devenir
La division Heinz, qui prépare depuis 65 ans les petits pots pour bébés, assure d'après un sondage que, bien que perplexes, les consommateurs canadiens doivent être rassurés quant à l'utilisation des petits pots pour les futurs gastronomes. Outre la sécurité alimentaire, Heinz garantit leur valeur vitaminique qui, selon l'entreprise, est équivalente aux produits frais. On est loin cependant de l'Europe, qui offre à ces mêmes gastronomes en herbe des choix, des mariages et des produits qui diffèrent des éternels classiques «poulet-carotte» ou «veau-brocoli».
Les bières belges et les fromages québécois
Douce, fruitée, avec des arômes d'agrumes, la Hoegaarden est une bière blanche belge aux allures voilées. Cette bière rafle tous les honneurs dans les concours brassicoles tant en Europe qu'aux États-Unis. Les Belges ont choisi de les marier avec les meilleurs des fromages québécois. Laracam, le Migneron et le Cantonnier de Worwick sont les heureux élus.
BIBLIOSCOPIE
La Cuisine au barbecue
Monique Pivot
Éditions Sélection du Reader's Digest
Paris, 2000, 191 pages
Vous n'en sortirez pas. Le barbecue est depuis fort longtemps et pour plusieurs le sport national de l'été. Comme en témoigne ce livre, il est possible de tout cuisiner au barbecue. Il s'agit d'un ouvrage magnifiquement illustré qui raconte l'histoire et les origines de ce type de cuisson, et qui propose des recettes d'un certain niveau pour les gastronomes avertis.
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La recette de la semaine
Mousse fine aux fraises
300 g de fraises
1 citron
4 feuilles de gélatine neutre
125 ml (1/2 tasse) de crème à fouetter
250 ml (1 tasse) de meringue (voir recette plus bas)
Meringue
3 blancs d'oeuf
125 g de sucre à glacer
Faire la meringue.
Fouetter au bain-marie tiède les blancs d'oeuf de façon à former la meringue (suisse).
Laver et équeuter les fraises, puis les passer au robot avec le jus de citron.
Faire fondre à l'eau tiède la gélatine, puis mélanger avec la purée jusqu'à 40 ºC.
Passer le mélange au tamis.
Incorporer dans le mélange refroidi la crème fouettée, puis la meringue (petit à petit).
Laisser prendre au réfrigérateur durant 2 heures.
Note: On peut ajouter au centre de la mousse des morceaux de génoise ou de biscuits imbibés au sirop.

