Pour la création d'un centre Québec-Europe à Paris
Mots clés : centre
La nouvelle vitrine servirait l'économie, le tourisme, les sciences et techniques, sans oublier les arts
Le conseil des ministres veut développer un grand centre Québec-Europe. La grande vitrine de la société québécoise sera installée à Paris.Québec possède une délégation générale à Paris depuis plus de quarante ans, mais aucun centre culturel ni aucun lieu de promotion de ses avantages comparatifs. L'ancien Centre culturel du Québec de la capitale française a fermé ses portes il y a plus de dix ans.
Louise Beaudoin, ministre des Relations internationales (MRI) du Québec, pourrait dévoiler ses intentions pour le nouveau Centre Québec-Europe (c'est son nom officieux) lors de son prochain voyage outre-Atlantique, dans une dizaine de jours. Mme Beaudoin doit notamment participer à la célébration de la Fête nationale du Québec, à Bruxelles. Elle est aussi attendue en France.
Même si la décision de créer le Centre a été adoptée mercredi soir, au conseil des ministres, le projet reste conditionnel à la conclusion de plusieurs ententes. Au moins deux ministères (le MRI et le ministère de la Culture et des Communications) participent aux travaux de planification. La vice-première ministre et ministre des Finances, Pauline Marois, a cosigné le mémoire déposé devant le conseil, ce qui donne la mesure de l'importance de cet outil d'un point de vue politique et économique.
Certaines sources gouvernementales parlent aussi d'impliquer de grandes sociétés d'État. Il est par contre certain que plusieurs grandes entreprises ou associations du milieu des affaires négocient déjà avec l'État pour définir leur implication dans le futur relais québécois en Europe.
«Ce projet laisse une place importante au secteur privé, confirme Martin Roy, porte-parole du MRI, joint hier après-midi. Mais comme il reste un certain nombre de fils à attacher, je ne peux donner tous les détails à cette étape.» Laconique, visiblement agacé par les questions au sujet de ce projet gardé secret jusqu'ici, M. Roy a tout de même insisté sur le fait que le projet nécessite une collaboration interministérielle, ce qui complique aussi la progression des dossiers.
«Il ne s'agit pas d'un centre culturel, mais plutôt d'un centre multifonctionnel et multidisciplinaire intégré, dit pour sa part une fonctionnaire du ministère de la Culture qui désire garder l'anonymat. Il y aura de multiples dimensions: économiques, technologiques, scientifiques, touristiques, mais aussi artistiques et culturelles. Mais on ne peut pas parler de Maison du Québec ou d'un centre culturel. Comme je le comprends, il s'agira d'un centre véritablement tourné vers l'Europe entière et non pas vers un seul pays ou une seule ville.»
Il a été impossible d'obtenir des informations sur le budget éventuel du Centre comme sur ses besoins en personnel. Ces deux facteurs vont évidemment influer sur le choix d'un site, plus ou moins imposant, au coeur de la capitale française.
Quoi qu'il en soit, cette volonté ferme de développer un tel lieu promotionnel s'inscrit dans une plus vaste offensive qui tranche avec la situation de la fin des années 1990. Dans la foulée des compressions budgétaires, le gouvernement du Québec avait fortement affaibli sa présence dans le monde en fermant plusieurs délégations aux États-Unis et en Europe.
Le réseau a été reconsolidé depuis deux ans. Ainsi, jusqu'en octobre 2000, 8,7 millions de dollars et 46 personnes assuraient la présence québécoise aux États-Unis. Le budget des délégations en territoire américain oscille maintenant autour de 13,8 millions et le réseau emploie 65 personnes. Mme Beaudoin était à Los Angeles il y a un mois pour la réouverture d'une délégation post-déficit. L'«antenne» de Chicago (une ou deux personnes) a également retrouvé son statut de délégation.
Au total, Québec compte 28 représentations à l'étranger: six délégations générales (Tokyo, Mexico, New York, Paris, Bruxelles et Londres), quatre délégations (Buenos Aires, Chicago, Boston et Los Angeles), cinq bureaux (Pékin, Shangai, Miami, Barcelone et Munich) et treize antennes.

