Le débat sur l'équité laisse des séquelles - L'Alliance des professeurs songe à déserter la CSQ

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Marie-Andrée Chouinard
Édition du vendredi 14 juin 2002

Mots clés :

L'ingérence de la centrale syndicale dans les affaires du syndicat local a outré bien des enseignants

Le dossier de l'équité salariale est à l'origine d'une mésentente entre la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et l'un des plus influents de ses membres, l'Alliance des professeurs de Montréal, qui remet en question son affiliation à la fédération.

C'est une lettre expédiée à la fin de mai par les présidentes de la FSE, Johanne Fortier, et de la Centrale des syndicats du Québec, Monique Richard, qui a mis le feu aux poudres. Jugeant que l'Alliance des professeurs avait mal présenté à ses membres l'entente de principe sur l'équité en assemblée générale -- le syndicat a rejeté le règlement à 80 % --, les deux dirigeantes avaient rabroué le syndicat, affirmant que l'information n'avait pas été entièrement livrée avant la tenue du vote.


Qualifiée par l'Alliance «d'ingérence grossière dans la gouverne» de ses dossiers, cette lettre a irrité le syndicat montréalais et mené à une réflexion au coeur de laquelle se retrouve une éventuelle désaffiliation de la FSE.


Fortement indisposée par la contrepartie négociée avec le gouvernement -- les fameuses cinq heures additionnelles de présence à l'école --, l'Alliance des professeurs de Montréal s'interroge sérieusement sur la signification de l'autonomie locale, sur le droit à la dissidence au sein de la fédération de même que sur la liberté d'expression, au point où elle envisage parmi d'autres scénarios de quitter la fédération.


«Nous avons écrit une lettre à la présidente de la FSE où il a été question de désaffiliation», a confirmé hier Yves Parenteau, porte-parole de l'Alliance des professeurs. «Ce n'est pas un avis, ni une menace, mais ce n'est pas exclu, c'est une possibilité qui est sur la table.»


L'assemblée de délégués syndicaux a convenu mardi soir de créer un comité dont le mandat sera justement d'analyser, à la prochaine rentrée scolaire, le fonctionnement de la fédération, veillant à déterminer les manières de l'améliorer ou, «à défaut, de ne plus en faire partie», poursuit M. Parenteau.


Le président intérimaire de l'Alliance, Pierre St-Germain, en conseil fédéral hier à Mont-Tremblant comme l'ensemble des représentants de la FSE, n'a pas pu répondre à nos questions. Il devait rencontrer les présidences de certains autres syndicats qui s'interrogent aussi sur le fonctionnement au sein de la fédération.


«Avec l'Alliance, il y a des discussions particulières, compte tenu du fait qu'elle est depuis un certain temps assez interrogative à l'intérieur de la centrale ou de la fédération, et ça nous préoccupe», a expliqué hier la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Monique Richard, qui refuse en outre d'envisager la désaffiliation. «Il n'est absolument pas question que l'Alliance quitte, renchérit Johanne Fortier, de la FSE. Nous sommes encore en pourparlers avec ses dirigeants.»


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