Radio-Canada - Des négociations en noir et blanc
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Le syndicat dit une chose, la direction en dit une autre; la confusion est telle que Sheila Copps croyait que les discussions continuaient
La confusion se poursuivait hier dans le conflit à Radio-Canada alors que le syndicat apparaissait de plus en plus divisé... et que la ministre Sheila Copps disait croire que des discussions étaient en cours entre les deux parties, même si Radio-Canada refuse toujours de rencontrer le syndicat.Plusieurs syndiqués n'ont pas compris pourquoi cette longue assemblée de douze heures mercredi, qui ne s'est pas terminée mais qui a tout simplement été ajournée, ne continue pas en fin de semaine.
Au bureau du syndicat hier, on indiquait vouloir plutôt poursuivre l'assemblée mercredi prochain. On a fait valoir, entre autres, que plusieurs participants de Moncton retournaient chez eux jeudi et ne pouvaient pas revenir tout de suite.
Les tractations de dernière minute entre la direction de Radio-Canada et les responsables syndicaux font également l'objet d'interprétations divergentes.
Ainsi, au début de l'assemblée, les participants ont reçu l'information voulant que Radio-Canada avait refusé de négocier un protocole de retour au travail, une information qui a d'emblée braqué les participants contre la direction.
Mais la direction de la SRC soutient qu'elle avait offert, mardi, de négocier ce jour-là un protocole de retour au travail et que le syndicat avait refusé, proposant plutôt de discuter de cette question jeudi. La direction de la SRC soutient aussi qu'elle a quand même reçu mercredi un message télécopié lui demandant de discuter de ce sujet pendant l'assemblée générale et a refusé parce qu'elle ne voulait pas le faire par téléphone en pleine assemblée générale.
Autre différend: le président du syndicat, Michel Couturier, a expliqué mercredi au Devoir que le syndicat avait été obligé de promettre de recommander l'acceptation des offres patronales en échange d'une ouverture de la direction sur la "clause présidentielle".
Cette version est contestée par Radio-Canada, le porte-parole de la direction, Marc Sévigny, soutenant que c'est plutôt le syndicat qui a promis, mercredi matin, de recommander l'acceptation des offres patronales en échange d'une ouverture sur deux sujets.
Bref, plusieurs syndiqués s'interrogent à voix haute sur l'exactitude des informations qui leur sont transmises par leurs représentants syndicaux.
Mais les syndiqués retrouvent leur unité sur un sujet: la condamnation claire de l'attitude générale de la direction de Radio-Canada dans ce conflit.
Un syndicat divisé sur la stratégie mais qui semble avoir perdu toute confiance en la direction de l'entreprise, voilà donc une situation explosive qui inquiète de plus en plus différentes personnalités québécoises. Ainsi le président du Conseil de presse du Québec, Michel Roy, entend soumettre publiquement, mardi, "quelques recommandations" visant à mettre un terme à ce conflit.
Par ailleurs, interrogée hier par la presse lors d'un événement promotionnel au canal de Lachine, la ministre du Patrimoine, Sheila Copps, a semblé croire que la négociation se poursuivait. "Ils ont eu un vote très serré et il y a des discussions qui s'entament, et ça, c'est la meilleure façon de régler le conflit. Que les deux parties continuent la discussion" a-t-elle déclarée, citée par la Presse canadienne.
La direction de Radio-Canada a refusé, hier comme la veille, toute entrevue. Tout comme elle refusait toujours hier de s'engager dans un blitz de négociations de trois jours, comme l'assemblée de mercredi l'avait proposé.
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