Commandites - Ottawa a payé des honoraires en plus de la commission de 12 %

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Kathleen Lévesque
Édition du jeudi 16 mai 2002

Mots clés :

Dans le cadre du programme de commandites devant faire la promotion du Canada, le gouvernement fédéral a payé des honoraires professionnels aux agences de publicité présélectionnées en sus de la commission de 12 % déjà versée.

Pour la seule année 2001-02, sept des neuf agences présélectionnées par le gouvernement pour la gestion des commandites ont obtenu des honoraires professionnels de près de 600 000 $.

Si la commission de 12 % devait permettre aux agences de gérer la commandite, les honoraires ont été versés afin de trouver de nouvelles formules pour assurer la visibilité du gouvernement. Comme l’a expliqué hier au Devoir le Groupe Everest, qui est l’une des neuf agences de communications présélectionnées, et dont une filiale, Média I.D.A. Vision, coordonne l’ensemble du programme gouvernemental, ces honoraires supplémentaires se justifient par le développement d’une visibilité «interactive» en complément d’une visibilité «statique» (des banderoles, le drapeau canadien et le logo du gouvernement apposé dans un dépliant, par exemple) déjà prévue par la commission de 12 %.

«Il s’agit de fournir des idées, des moyens, du personnel, de la création, de la production pour que cela réponde aux objectifs des clients», a indiqué Jean-Pierre Toupin, vice-président au développement de l’entreprise, chez Groupe Everest. M. Toupin a souligné que c’est un processus qui existe dans toutes les agences. «C’est le système qui est fait comme ça. Ce n’est pas de la double facturation. [...] On fait du travail supplémentaire à la stricte gestion. On travaille dans un processus d’exploitation d’une commandite», a-t-il ajouté.

La collègue de M. Toupin, vice-présidente responsable de la commandite, Diane Deslauriers, qui est également la conjointe du président du Groupe Everest, Claude Boulay, donne en exemple deux dossiers gérés par le Groupe Everest. Dans le dossier de la Ligue nationale de hockey, qui a bénéficié d’une commandite de 905 000 $ en 2001-02, Mme Deslauriers explique que les honoraires de 3165 $ ont servi notamment à mettre en place des activités de promotion des clubs de hockey Le Canadien et Les Sénateurs d’Ottawa. Le gouvernement fédéral a ainsi été associé à l’accueil d’enfants défavorisés au Centre Molson, invités à patiner avec les joueurs. Ces honoraires s’ajoutent à la commission de 12 %, qui s’élève à 108 500 $.

Un autre dossier, celui de Tennis Canada, qui a obtenu en 2001-02 600 000 $, a généré pour Groupe Everest des honoraires de 3649 $. Comme l’a confirmé Mme Deslauriers, cette somme répond à l’objectif déterminé par le client, soit le gouvernement fédéral. Ottawa voulait vérifier l’intérêt des gens pour le nouveau service de communication 1 800 O-Canada. «Ça en donnait plus au client», a-t-elle affirmé.

Cette dernière précise que cette facture de 3649 $ correspond à 80 heures de travail pour la firme, soit pour un tarif horaire de 80,49 $.

Selon les documents fournis par Communication Canada, l’agence gouvernementale de qui relève le controversé programme de commandites, pour la seule année 2001-02, Ottawa a déboursé 594 285 $ en honoraires professionnels. La base de données informatique dont sont issus les documents gouvernementaux n’indique toutefois pas les honoraires payés par le gouvernement fédéral pour les quatre années précédentes. Les quelque 1500 dossiers devraient être décortiqués un à un pour obtenir les totaux.

Selon Communication Canada, les services professionnels couvrent de multiples tâches, notamment la production interne, les relations publiques, la recherche, la gestion d’événements spéciaux, le marketing, des activités de promotion et des services de communication. Au cours du dernier exercice financier, le Groupe Everest a bénéficié d’honoraires professionnels (27 808 $), tout comme Groupaction (438 551 $) et ses filiales Gosselin relations publiques (133 117 $) et Lafleur communications (15 610 $), Compass communication (14 340 $), Groupe Bristol (4753 $), Communications Coffin (49 870 $) ainsi que TNC Multicom (7000 $).

Dans un dossier concernant CD-Rom Dessin animé, une autre firme présélectionnée, Groupaction a reçu des honoraires professionnels de 319 495 $. Cette somme est plus élevée que la commandite obtenue par l’organisme, soit 125 000 $. De ce montant, Groupaction a par ailleurs obtenu une commission de 12 %, soit 15 000 $.

Hier, personne au cabinet du ministre des Travaux publics, Don Boudria, n’était en mesure d’expliquer au Devoir pourquoi on avait octroyé des honoraires en sus de la commission de 12 %. Le ministre Boudria n’était pas encore de retour de Londres. L’attaché de presse du ministre, Marc Roy, a renvoyé Le Devoir à Communication Canada.


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com