-
Croyez aux coïncidences tant que vous voulez, des sources fabuleusement proches du dossier nous assurent qu'il ne s'agit nullement d'un hasard si le jour même où l'Église catholique de Montréal faisait paraître une annonce publicitaire invitant les partisans de Canadien à prier pour que leur club accède au détail, Scott Gomez a marqué son premier but depuis la dernière glaciation. Car si on en trouve qui appuient la stratégie Fail for Nail — échouer délibérément pour mettre la main sur le premier choix au prochain repêchage amateur et sélectionner Nail Yakupov, du Sting de Sarnia, le meilleur espoir junior —, l'écrasante majorité des fans ont encore la foi qui déplace les gardiens de but adverses et les fait mal paraître en les prenant à contre-pied.
-
«Périphérique»: quand on utilise ce mot, les Français voient des autoroutes qui ceinturent une ville. À mes yeux, le terme décrit bien une partie de notre état d'esprit, notre psyché. «Le Québec est périphérique à plusieurs égards (au sein de la francophonie, du Canada, des Amériques)», faisait remarquer le professeur et traducteur Louis Jolicœur dans un texte récent. Nous ne sommes pas un centre. Ni New York, ni Paris, ni Toronto. Dubaï et Shanghai sont très loin. Mais Dieu que les grenouilles que nous sommes rêvent souvent de se faire grosses comme ces bœufs.
-
Prenons une pause de nos débats sociaux et politiques puisque le mardi 14, la Saint-Valentin, nous y invite. Bien sûr, les indifférents aux fêtes du calendrier liturgique, à celles de Noël et de Pâques, ainsi qu'aux fêtes des Mères et des Pères, ces «récupérations commerciales», ceux-ci n'en ont cure, eux qui échappent aux niaiseries populaires et sentimentales. Grand bien leur fasse. Mais nous sommes nombreux à apprécier ces moments, sorte de rites annuels, qui provoquent un effort de générosité et une réflexion aussi sur la vie, la mort et l'amour.
-
«Damnée luxure», s'écriait encore Séraphin Poudrier, récemment, sur les ondes d'Artv, scandalisé par la faiblesse de Todore Bouchonneau devant les charmes d'une fille perdue. Mettons que, s'il revenait aujourd'hui, l'austère avare aurait de quoi s'époumoner. Le sexe, en effet, est partout. L'affaire, on le sait bien, a toujours fasciné les humains, mais son omniprésence actuelle témoigne d'une obsession sans précédent.
-
L'heure est à l'Apocalypse chez les libéraux. Après François Legault, accusé de vouloir «démolir» le système de santé, voilà que Pauline Marois voudrait relancer la «lutte des classes». Diable, à quand la guerre des mondes?
-
En 1995, Claude Chamberlan, jamais avare d'initiatives loufoques, avait organisé pour son Festival du nouveau cinéma, avec l'appui du patron de la Sexothèque, angle Saint-Laurent et Sainte-Catherine, un «Peep Show». Quinze des 60 canaux dévolus aux vidéos pornos se voyaient consacrés aux films du FNC. Braves journalistes, on avait fait la file avec les habitués du lieu — pas trop ragoûtants, les gars, si mon souvenir est bon. Hop! dans sa petite cabine, avec écran, chaise et kleenex. Chacun s'était finalement tapé des films pornos. Mais ils étaient trop nuls, alors j'ai fini par sortir de là, pourchassée par un client qui se disait qu'une femme dans un peep-show... Faut comprendre. Cré Chamberlan!
-
Petits groupes
Je suis à la recherche d'une agence qui organise des voyages pour petits groupes. Je n'ai pas l'habitude de voyager en groupe et je ne veux pas payer une fortune. Auriez-vous des sites à me suggérer qui correspondent à mes attentes?
Nicole Saint-Jean, Montréal
-
La révélation par La Presse canadienne de la nouvelle politique du gouvernement Harper en matière d'utilisation d'informations obtenues sous la torture n'a pas provoqué une vague de réactions dans la presse anglophone. En fait, elles se sont faites rares, mais dans la quasi-totalité des cas, on soutenait qu'il ne peut y avoir de justification à l'usage de tels renseignements, circonstances exceptionnelles ou pas.
-
Tonnerre de Brest! comme pourrait dire le capitaine Haddock, on n'a jamais eu aussi bonne conscience à l'égard du milieu marin, et surtout des espèces menacées. Trop longtemps, les commerçants, poissonniers et restaurateurs n'ont guère pris au sérieux les propos des écologistes et des spécialistes en biologie marine qui, bien avant les années 2000, tentaient de sensibiliser les pouvoirs publics quant à la raréfaction de certaines espèces.
-
Après un départ canon le soir de son ouverture, suivi d'un réel creux de vague en mi-parcours, la soirée de clôture de la SMM s'est conclue en apothéose avec le show collectif automne-hiver 2012 du trio infernal, irrévérencieux et irrésistible, composé de trois jeunes bêtes de scène aux multiples talents, des designers précurseurs et hallucinants qui pourraient venir modifier en profondeur le paysage de la mode montréalaise en créant le buzz inventif, unique et excentrique qui lui manque souvent.
-
«Prenons les choses en feignant qu'il soit possible d'attribuer un commencement à une histoire...» Dès le commencement, dès la première phrase de Dylanne et moi, en fait, il y a ça: cette remise en cause de ce qui semble aller de soi.
-
Les «obligations vertes» de la Banque mondiale apportent une nouvelle dimension à l'investissement socialement responsable. Offerts aux investisseurs institutionnels depuis 2008, ces titres poussent toujours plus loin la notion d'investissement responsable. Après les fonds éthiques et les «fonds verts», la Banque mondiale crée ainsi un lien direct entre les investisseurs et les projets environnementaux, ici associés au réchauffement climatique. Mais sans les risques inhérents à l'investissement direct.
-
Je possède deux condos locatifs dans la région de Vaudreuil. L'un acheté en 2008 à 138 000 $ et l'autre en 2010 à 147 500 $. Ils ne rapportent aucun déficit ni flux monétaire car le rendement n'est pas bon; donc, mon seul gain sera sur le capital accumulé au cours des dernières années, et heureusement qu'ils ont pris de la valeur.
-
Il y a, aux États-Unis, une littérature de la boxe, avec ses classiques (Cinquante mille dollars de Hemingway, Plus dure sera la chute de Bud Schulberg, Le combat du siècle de Mailer viennent automatiquement à l'esprit) et ses nouveaux auteurs: Craig Davidson (un Canadien) et Thom Jones, entre autres. Entre magouille et rédemption, une vérité propre à cet exercice qui consiste à s'entre-taper sur la gueule pour provoquer une commotion cérébrale chez l'adversaire continue de fasciner, y compris dans le monde des lettres — surtout «américaines», devrait-on ajouter. La boxe, chez les écrivains, est parfois arrangée, parfois illégale, rite clandestin d'une sous-culture de la violence comme les combats de chiens, à poings nus. Elle abrite le «côté obscur de la force» et l'arène où, dans la victoire comme dans la défaite, le mensonge devient impossible.